La FAO, le PNUE et des experts mondiaux progressent sur la protection de la santé humaine et l’environnement à travers des mécanismes de la Convention de Rotterdam

Aider les gouvernements à prendre des décisions éclairées concernant l'utilisation de pesticides et de produits chimiques industriels, le Comité d'examen des produits chimiques de la Convention de Rotterdam a tenu sa onzième réunion au siège de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Rome, du 26 au 28 octobre 2015.

La Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international, est administrée conjointement par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). La Convention encourage les pays à s'entraider pour gérer en toute sécurité les produits chimiques qui font l’objet du commerce international.

La Convention de Rotterdam n’introduit pas d’interdictions, mais facilite l'échange d'informations entre les gouvernements membres, sur les produits chimiques et pesticides dangereux, et leurs risques potentiels. L'information peut être utilisée pour améliorer la prise de décision au niveau national. En outre, par le consentement préalable en connaissance de cause ou procédure PIC, elle fournit un mécanisme juridiquement contraignant pour appuyer les décisions nationales sur l'importation de certains produits chimiques et pesticides afin de minimiser le risque qu’ils posent sur la santé humaine et l'environnement.

Au cours de cette semaine, lors de la réunion du Comité d'examen des produits chimiques (CEPC), organe subsidiaire de la Convention, celui-ci a recommandé l'inscription de deux pesticides supplémentaires à l'annexe III de la Convention. La décision sur l'inscription du carbofuran, l’un des pesticides carbamates le plus toxique et du carbosulfan, un pesticide très toxique, sera prise à la prochaine Conférence des Parties à la Convention de Rotterdam (CdP), en 2017. Le Comité a également finalisé le projet de décision des documents d'orientation pour les paraffines chlorées à chaîne courte (SCCP), et des composés du tributylétain (TBH) et a décidé de les soumettre à la huitième réunion de la Conférence des Parties, en vue de leur adoption, ainsi que les recommandations du Comité pour répertorier les produits chimiques dans annexe III de la Convention.

Kerstin Stendhal, Secrétaire exécutive adjointe de la Convention de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm (PNUE), a noté que le CEPC offre à la Convention de Rotterdam une "base scientifique et technique très solide. Grâce au travail du CEPC, nous avons vu des produits chimiques et des pesticides dangereux s’ajouter à la procédure PIC d’échange d’information, permettant ainsi aux gouvernements de prendre des décisions éclairées sur l'importation de ces produits. La réunion de cette semaine a prouvé que le CEPC dans son travail, est guidé par la rigueur scientifique et l’engagement vis-à-vis de la protection de la santé humaine et l'environnement ".

 "Les décisions de  cette semaine sur les OTC et SCCP sont une étape importante vers le renforcement de la capacité des pays à prendre des mesures contre les importations indésirables de ces produits chimiques," William Murray, Secrétaire exécutif de la partie FAO de la Convention de Rotterdam. "Parmi les pesticides examinés par le Comité, il est important de reconnaître que trois ont été pris en charge par les notifications préparées et présentées par les pays africains. Ceci démontre que le programme de développement des capacités du Secrétariat, en collaboration avec la FAO, a un impact et que de plus en plus la Convention réponde aux besoins de développement de pays ".

"Le Comité d'examen des produits chimiques a toujours travaillé d'une manière très transparente et inclusive, menant son travail de façon indépendante et se basant sur des informations scientifiques seulement" Jürgen Helbig, a noté l'actuel président du CEPC. «Je suis heureux de l'issue de cette onzième réunion du CEPC qui ouvre la route à la prochaine CdP. Nous travaillons tous ensemble pour parvenir à une Convention de Rotterdam encore plus forte et si tout va bien, nous aurons sans doute plus de 50 produits chimiques et pesticides soumis à la procédure PIC en 2017.

“La réunion du Comité d’étude de produits chimiques a été suivie de manière consécutive de la onzième réunion du Comité d’étude de contaminants organiques persistant de la Convention de Stockholm, du 19 au 23 octobre 2015, aux mêmes lieux.

Note pour les éditeurs:

La Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux dans le commerce international crée des obligations juridiquement contraignantes pour à présent, ses 154 parties. Son annexe comprend actuellement 47 produits chimiques et pesticides.

Le Comité d'examen des produits chimiques se compose de trente-et-un experts scientifiques désignés par la Conférence des Parties à la Convention de Rotterdam chargés de procéder à l'examen scientifique des produits chimiques proposés pour inscription.

Le pesticide carbofuran est un pesticide de classe Ib selon l’OMS et il est utilisé pour contrôler les insectes dans une grande variété de cultures de champ, y compris les pommes de terre, le maïs et le soja. Il est extrêmement toxique par voie orale et par inhalation (DL50 2 mg / kg chez la souris)[1]. L'insecticide systémique est également très toxique pour les invertébrés d'eau douce et extrêmement toxique pour les oiseaux.

Le carbosulfan est un carbamate insecticide à large spectre utilisé pour contrôler divers insectes, y compris les criquets et les différents types de sauterelles, les acariens et nématodes principalement sur les pommes de terre, la betterave à sucre, le riz, le maïs et les agrumes. Le principal métabolite du carbosulfan dans les plantes est le carbofuran[2]. Cet inhibiteur de la cholinestérase est hautement toxique pour les oiseaux, les invertébrés aquatiques et les abeilles[3].

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter:

Pour CEPC/Convention de Rotterdam: www.pic.int

  • Christine FUELL, Secrétariat de la Convention de Rotterdam (FAO), Rome : + 39-06-5705-3765, christine.fuell@fao.org
  • Erwin Northoff, Chef du département de communications (FAO), Rome: + 39-06-5705-3105, erwin.northoff@fao.org

Pour CEPOP/Conveniton de Stockholm: www.pops.int

  • Kei OHNO WOODALL, Secrétariat des Conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm (PNUE), Genève : +41-22-917-78201,  kei.ohno-woodall@brsmeas.org
  • Charlie AVIS, Secrétariat des Conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm (PNUE), Genève :  +41-79-730-4495, charles.avis@brsmeas.org

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[1] Extoxnet (consulté le 2 /05/ 2012)

[2] http://www.fao.org/docrep/006/y5221e/y5221e08.htm

[3] Footprint PPDB, 2014